Le lycée Leconte de Lisle.
Un paradoxe vivant :
Il fut crée à l'origine pour accueillir des surdoués, mais comme tout ici, la corruption fit son ½uvre et le lycée devint le plus grand repère de fils à papa drogués que je connaisse.
Dès que je passe la porte, un mec d'un mètre quatre vingt dix s'approche de moi.
Comme ses cheveux, son regard est noir.
L'intelligence brille dans son regard.
Il porte élégamment un costume noir, dont la chemise charbonneuse contraste avec le blanc éclatant de sa cravate.
Il sort un paquet de Chesterfield rouges de sa poche.
Il en allume une négligemment et d'un vague mouvement du visage m'indique un endroit sous un arbre.
« Salut Raph, alors Firmin est mort ou pas ?
-Non. Il me regarda avec un air sombre.
-Les coups de feu alors ?
-Sais pas. Il a rien fait. On raconte qu'il était avec les Eux. Et que ça a mal tourné. J'ai crus que t'étais là-bas...dit-il
-Ce n'était pas moi...mais qui peux être contre...
-Le v'la ! »
Une silhouette immense, encadré par deux autres plus petites mais non moins épaisses, s'approche de nous en boitant.
Larc. Ce trou du cul. Un géant de deux mètres dix. Dix-huit ans, mais déjà le physique et la force d'un homme d'une trentaine d'années. Derrière cette montagne de muscles ce cache un esprit fourbe, pervers et sadique jusqu'au paroxysme. Toujours habillé dans son éternel costume Hugo Boss blanc pour se donner des airs innocents sans arriver à berner qui que ce soit une seul seconde. Ce qui insuffle la peur et la crainte à tout ceux qui le croisent c'est son regard animal.
A chaque fois que je le croise, c'est toujours la même impression qui se forme dans ma tête : celle d'un fauve particulièrement violent enfermé dans une cage sans cadenas qui s'apprête à bondir hors de sa prison...Il a les yeux à moitiés fermés comme d'habitude, réduits à deux fentes, comme un serpent, et son regard noir comme la Mort nous juge, Raphaël et moi.
Il fait un geste de la main droite à ses gardes du corps qui partent un peu plus loin et nous regardent..
« Dily, Sagodira...Bonjour. Dit-il avec un sourire effrayant. Alors, que se passe t-il de nouveau ici ?
-Bonjour monsieur...»dit Raphaël. Il sortit une cigarette de son paquet et la tendit a Larc, qui l'alluma. « Nous parlions du contrôle d'Histoire d'hier, mentit Raphaël, mais je suis persuadé que je l'ai raté, enfin voilà, rien de bien joyeux...»
« Et ton ami là, serait t-il muet ? demanda ce fils de...
-Non. Répondis-je figé.
-Mouais...Ca stresse un peu les gars que vous y touchiez pas les mecs, dit-il en se frottant le nez d'un geste significatif. Vous savez, reprit-il, je peux vous faire des prix pas mal pour une bonne quantité.
-Hmm...en ce moment c'est trop chaud pour moi niveau thune, j'économise pour des jeux vidéos...mentit Raphaël.
-Bien » dit-il en partant, sans insister.
« Alors Raph, dis-je une fois que Larc fut partit, on va voir Firmin ?
-Ouais...On est quoi aujourd'hui ?
-Le 12 novembre 2012.
-La livraison tu sais quand elle aura lieu ?
-Oui. Dans une semaine pile sur les terrains de sports.
-Okay pas de problèmes, mais faudra voir plus tard si c'est pas trop dangereux avec tout ce qui se passe d'affronter Larc. Allons voir Pothin, pour les Eux et le problème de...L' Ennemi II. »
On traverse la cour, sous le regard des Un de Larc...lui est parti chercher son salaire du jour.
Sous le préau, je vois un grand type en costume Armani à 900¤ négligemment couché par terre, dans la poussière. Firmin. Toujours aussi classe ce pauvre con.
« Firmin...ça va ? demande Raphaël en lui serrant la main.
-Ouais bof...répond-il.
-Salut vieux...dis-je en lui serrant la main à mon tour.
-Ouais, on voudrais savoir, s'enquit Raph, t'as foutu quoi hier ? Parce que on a entendu des coups de feu, Quentin et moi, et on s'est posé des questions...faudrait que tu fasses attention à ta peau vieux, ou tu vas finir comme Dany...
-Sais pas...
-Ah bon ? répond avec un sourire sardonique Raph. Pourtant tu étais là-bas hier soir. Et pis, je suis sur que tu serais intéressé par ceci... »
Mon ami lui tendit une liasse de billets de cinq cents.
Firmin cracha dessus.
« Ecoute Blaireau, dis-je avec fougue, soit tu nous dit qui à foutu la merde avec Larc, soit j'te bute !!
-Oh, calme toi le bleu ! D'abords tu n'es pas envoyé par Matt alors j'suis pas habilité à te confier des p'tits secrets d' pourris ! Et pis ça t'a un truc à m' dire, j'ai la protection de plusieurs Un ! » Répondit-il en désignant un colosse, qui était de dos, et assez loin de là.
Raphaël sortit calmement de sa poche un couteau suisse, en sortit la lame et la mit sous la gorge du petit dealer, qui fut saisi d'effroi.
Il fit tourner la lame sous sa gorge.
« Vas-y, appelle le, et tu verras tes parents depuis ton cercueil...
-C'est bon, je parle ! dit-il d'une voix sifflante
-Alors, que s'est il passé ? Questionna t-il.
-L'Ennemi est apparut...ah, ah ! Mais arrête putain ! Supplia Firmin.
-Qu'a t'il fait ? demanda Raph en appuyant plus fort la lame contre son cou.
-P'tain enlève ça d'mon cou, p'tain, mais ça va pas ou quoi ? Gémit Firmin.
-Qu'a t'il fait ? Répéta mon ami.
-Il a voulu flinguer Larc...dit Firmin.
-Et ? Demandai-je.
-Bah pauvre con, d'après toi ? Ha, ha ! Il a échoué ! Ricana l'autre. Il s'en ait pris plein la gueule avec tout ce qu'on lui a mit, on l'a tiré comme un lapin !
-Les Eux était là ? L'interrogea Raph.
-Oui, maintenant, putain de merde, ENLEVE TA SALOPERIE D' MON COU ! » Hurla-il.
Raph rangea prudemment sa lame, avec un sourire gêné vers l'Un qui s'était retourné juste au moment où Raph avait fait disparaître le couteau. Celui-ci le regardait avec défiance.. Ce qui est pratique avec Raph, c'est que quand on a un père qui est le maire d'Heritage City, et de surcroît le meilleur ami du Sénateur de l'Etat, même si on fout une lame sous la gorge d'un important petit dealer, on ne risque rien.
Mon ami saisit Firmin par la chemise et le remit debout.
« On voulait juste s'assurer que Matt allait bien...dis-je d'une voix platonique.
-Tu te soucis de la santé de Matt maintenant ? dit-il en sourcillant ironiquement.
-Seul les cons ne changent pas... marmonna Raph.
-Bah vu que t'en ait un, j'm'étais laissé dire que tu changerais pas...dit Firmin en partant, car la cloche avait sonnée.
-Et au fait, lui dis-je alors qu'il avait fait quelques pas, que dealait Larc ce soir là ? On dit que ce n'était pas d'la coke... »
Son regard se vida. Il trembla et dit, livide :
« Life would be boring without secrets, don't you think so? »